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Auteure : Constance Rigot, Licence 3 Lettres modernes, parcours «Cultures numériques et écritures en ligne». Faculté de Lettres et Arts. Université d’Artois. Arras.


Humanisme et numérique sont à priori deux notions très différentes. D'abord le terme humanisme évoque beaucoup de choses, qu'on ne rapproche pas spontanément au numérique. On pense bien sûr au grand courant européen de la Renaissance. Ce courant a voulu placé l'humain au centre du monde et non plus Dieu. Bien sûr, en 2017, les enjeux ont évolué et sont complètement différents de ceux du XVIème siècle. Quand l'humain doit composer avec le numérique, là aussi il doit penser à se placer au centre des débats. La différence également entre XVIème siècle et XXIème siècle : l'humanisme lors de la Renaissance est seulement réservé à une élite aristocratique, alors qu'à notre époque ce nouvel humanisme est populaire et n'existe que parce qu'il se partage à travers toutes les couches de la société.

La frontière entre humanisme numérique et transhumanisme ? Même si elle peut paraître floue, une frontière existe réellement entre les deux notions. L'humanisme numérique a toujours pour but de garder l'homme supérieur à la machine, de faire en sorte qu'il garde le contrôle. Ce qui n'est pas le cas du transhumanisme. Ce dernier tend plutôt a faire de l'homme une machine, alors que l'humanisme numérique exclut entièrement cette possibilité. De cette frontière mince se dégagent des craintes. Le transhumanisme en est la principale. Il existe aussi des craintes comme la « domestication de l'être humain au sein même de l'espace de la machine » (Milad Doueihi).

Alors à quoi sert l'humanisme numérique ? Le numérique est une culture du partage, comme le définit Milad Doueihi, dans son livre Pour un humanisme numérique (2011). Il faut aussi différencier numérique et informatique. Quand le numérique s'inscrit dans la sociabilité, dans les pratiques et les usages, quant à l'informatique, elle relève plus directement d'une science discrète. Dans son optique de partage, l'humanisme numérique a comme objectif les éléments suivants :

  • Découvrir de nouveaux procédés pour produire des données.
  • Mieux les conserver.
  • Et aussi mieux les échanger, afin de les valoriser dans le but de développer de nouveaux procédés scientifiques.

Concrètement, l'humanisme numérique souhaite combattre, toujours selon Milad Doueihi, notre conditionnement à l’accès à l'information qui se base sur les algorithmes et surtout sur le monopole du géant Google. Le but étant d'atteindre un accès au contenu neutre. En ce sens l'humanisme numérique est beaucoup plus proche de l'humanisme classique que ce que l'on pourrait penser. Il a pour but de replacer l'Homme au centre du monde, au cœur de ses enjeux, comme l'humanisme de la Renaissance ; à savoir si son impact sera aussi édifiant.