© Flickr

Les « BFR » : technologie réutilisable. Vers la commercialisation des voyages à l’espace.

Partagez !

Le voyage New York – Shangaï prendra 29 minutes, dit la vidéo promotionnelle présentée par le PDG de Space X, Elon Musk, lors du Congrès International de Austronautique (IAC) qui a eu lieu à Adélaïde, Australie. Mais ce voyage transatlantique en temps record n’est pas l’unique promesse de Musk, il veut aller encore plus loin : envoyer la première fusée spatiale transportant des voyageurs vers Mars en 2024. Musk, qui avait déjà présenté ses ambitions de conquérir Mars lors du IAC à Guadalajara, México en 2016, présente dans cette occasion un plan plus détaillé. Space X commencera à produire des vaisseaux spatiaux plus performants à partir de 2018 ; sa taille sera réduite de 122 mètres de haut à 106 mètres, et de 12 mètres de large passera à 9 mètres. Les Big Falcon Rocket seront une version améliorée de l’actuel Falcon 9, construits pour être totalement réutilisables envisageant une réduction du coût de fabrication qui rendra plus facile la construction de plusieurs fusées. Cette transformation se traduira en fréquence des voyages et par conséquent le prix pourra osciller entre 500 et 1000 euros, c’est-à-dire le prix d’un voyage classe économique actuel. Les BFR, surnommés à l’intérieur de l’entreprise comme les « Big Fucking Rockets » (littéralement traduit par « putain de grosse fusée »), feront les vols « point to point », pour révolutionner les vols à échelle terrestre, voyages faits dans une fraction du temps d’un vol d’avion actuel. Le concept clé du projet c’est la réutilisation des parts. D’après Musk la raison pour laquelle les coûts de construction d’une fusée sont si élevés, c’est parce que la technologie actuel est jetable. Si on arrive à opérer des fussées comme le font les lignes aériennes, les coûts vont baisser rapidement ; le même véhicule peut voler encore et encore. « Certains de nos clients sont conservateurs, et veulent voir les BFR voler plusierurs fois, avant d’être confortablement lancés». Le milliardaire pense que avec le lancement fréquent de satellites et en rendant services à la Station Internationale, Space X peut financer ses ambitions sur Mars. Son but c’est faire les BFR réutilisables pour rendre moins cher le coût des lancements. Pour le voyage spatial Musk prévoit de transporter 100 passagers distribués dans 40 cabines, avec de grands espaces communs et des zones de divertissement.

Mais Elon Musk n’est pas le seul à rêver de la conquête de l’espace. La compagnie américaine aérospatiale Lockheed Martin avait dévoilé ce vendredi ses plans pour une exploration de la planète Mars, avec la construction de la station spatiale « Mars Base Camp », une base tournant autour de Mars ; le projet sera développé en collaboration avec la NASA, et utilisera le vaisseau spatiale « Orion » comme véhicule transporteur des astronautes sur la surface de la planète rouge. Egalement, la société Blue Origin créée par Jeff Benzons (le fondateur d’Amazon) met au point le « New Armstrong », un vaisseau spatial avec lequel il prétend assurer le service de transport vers Mars. La Russie et la Chine veulent aussi prendre part à la conquête de l’espace en préparant des vols vers la lune, et Moscou a accepté de coopérer avec la NASA pour fabriquer une station spatiale internationale en orbite lunaire pour des futures missions. Lucienne Walkowicz, porteuse de la chaire d’astrobiologie de la Bibliothèque du Congrès de la NASA, a déclaré lors d’une conférence TED* sur l’éthique de l’exploration de Mars l’année dernière, « si nous pouvons comprendre comment créer et maintenir des espaces habitables à partir d’endroits hostiles et inhospitaliers sur Terre, peut-être pouvons nous répondre à la fois, à la nécessité de préserver notre propre environnement et aller au delà ».

*TED : « Technology, Entertainment and Design » dont Lucienne Malkowicz est senior membre.

REUTERS, NATIONAL GEOGRAPHIC, YOUTUBE (VIDEO ORIGINAL SPACE X) »