Humanisme numérique - 100 notions
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Un outil collaboratif hybride pour coconstruire des connaissances pour et avec la génération Y

La génération Y s’est emparée massivement des nouvelles technologies numériques et multiplie sa consommation multi-écrans : ordinateur, téléphone portable, tablette, télévision, etc. Cette génération, qui est née dans un contexte fortement technologisé, augmente sans discontinuer ses pratiques numériques et entretient un rapport privilégié avec les nouveaux médias et les nouveaux modes d’information et de communication.

Capables de gérer des activités multiples simultanément sur plusieurs écrans, l’attention de ces jeunes est profondément différente de celle des générations précédentes. Cette nouvelle compétence se généralise, puisque plus des 2/3 d’une tranche d’âge consomment au moins 2 médias simultanément et 1/3 au moins 3 médias simultanément.

Cette compétence à gérer plusieurs activités simultanément laisserait supposer que coexistent une attention flottante et une hypersélectivité immédiatement opératoire. L’accomplissement des tâches reste néanmoins central et nécessite d’en définir schématique les contours.La notion de « tâche » évoque la concentration et la finalité d’accomplissement. Dans cet esprit, l’activité « multitâches » suppose que : soit les jeunes consomment différentes « activités » simultanément mais celles-ci restent dissociées, diffuses ou répétitives et demandent peu d’attention soutenue pour chacune d’entre elles, soit l’ensemble des activités convergent vers la réalisation d’une tâche et l’environnement multisupport fonctionne alors comme un dispositif facilitant sa réalisation.

Habitués à gérer des sources multiples et des données contradictoires, ces nouveaux apprenants construisent un système d’agrégation d’informations hétérogènes dont la pertinence et le point de vue critique reste très variable d’un individu à l’autre.
Connectés en permanence à Internet grâce aux mobiles, ces digital natives sont les acteurs majeurs des réseaux sociaux et de la création de contenu sur le web. Ils recherchent l’interactivité, les pratiques collaboratives, sont habitués à la gratuité des contenus et à la fluidité des communications.

Comme apprenant, le digital native utilise de nombreuses ressources, de l’écolier au doctorant, les comportements sont similaires, la recherche sur Internet est un incontournable, elle coexiste et interfère avec le savoir transmis par l’enseignant. Ce nouvel apprenant confronte le discours de l’enseignant à la page Wikipédia ou à des articles extrêmement sophistiqués accessibles sur des bases de données universitaires, il consulte ses pairs et les forums pour rédiger ou copier, progresser dans sa compréhension ou s’orienter vers une formation ou un métier. Souvent submergé par la masse d’informations non discriminées qui lui est accessible sur Internet, entre la notoriété du buzz et la validation du propos d’un Nobel, la plupart du temps inconscient des modalités marchandes du référencement, il n’a pas toujours la capacité de hiérarchiser ses informations et d’en trouver la pertinence. Entre le plagiat grossier et la construction ou l’acquisition d’une méthodologie de collecte et de traitement de l’information efficace et respectueuse des droits d’auteurs, l’éventail des pratiques de ces nouveaux apprenants est large et constitue un enjeu pédagogique déterminant pour l’articulation entre cet écosystème informationnel et les institutions de transmission des savoirs et des savoir-faire.

Face aux performances nouvelles qui se manifestent, des compétences spécifiques émergent qui se réinvestiront inévitablement et « naturellement » dans le comportement d’apprentissage.
Mutations des contenus, mutations des méthodes de transmission par le numérique :
Les mutations des contenus d’enseignement sont consubstantiels des mutations des métiers. Ils restent néanmoins complexes de définir ces nouveaux contenus, savoir et savoir-faire à transmettre et de les penser de manière prospective et pragmatique. Comprendre comment s’exerce concrètement les métiers d’aujourd’hui, comment ils sont en train d’évoluer, quels sont les éléments déterminants de leur transformation, pouvoir profiler les métiers de demain et d’après-demain, constituent en quelque sorte des préalables à l’enseignement lui-même. La veille des secteurs d’activité doit devenir un préalable incontournable des apprentissages : penser de manière collaborative, en associant les apprenants au décryptage des transformations à l’œuvre : quelles soient scientifiques, technologiques, économiques ou sociétales.

Par ailleurs de nouvelles modalités de transmission par le numérique sont à mettre à l’œuvre pour mobiliser durablement nos nouveaux profils d’apprenants, nos digital natives rompus aux multitâches. Les processus pédagogiques issus des écoles de pensée pédagogique en particulier celles liées aux méthodes actives déjà éprouvés trouvent leurs équivalents en termes de procédures interactives. Elles conviennent aux appétences de ce public qui a le gout d’être acteur de son apprentissage.

Scénariser les enseignements, introduire de l’esthétique, de l’attractivité, du jeu dans les logiques d’apprentissage, utiliser les potentialités interactives des NTIC, simuler des situations, créer des univers virtuels immersifs, favoriser l’expérimentation constituent les paramètres obligés de ces nouveaux programmes.

Des habitudes d’apprentissage sur les forums ont été prises, des tutoriels de transmission de technique généralement pour l’apprentissage de logiciels et de langages de programmation se sont développés et aujourd’hui de nouveaux outils de transmission et dispositifs pédagogiques numériques dans de nombreux disciplines et métiers se mettent en place avec les MOOC (Massive Open Online Course) et les plateformes de co-construction de savoir.
Dans cette logique le projet de la collection 100 notions (cf infra) met à disposition des enseignants, chercheurs et étudiants un outil de collaboration et co-construction de savoir.

100 notions un outil hybride

Atelier 100 notions en Chine

Atelier 100 notions en Chine

Le projet 100 notions a été conçu comme un outil hybride pour la co-construction scientifique et pédagogique. Structuré autour d’une collection d’ouvrages et d’une plateforme multilingue collaborative en ligne, ce projet est destiné prioritairement à des étudiants, professionnels et acteurs de développement de secteurs d’activité, amenés à comprendre des phénomènes en mutation ou émergents.

Il est construit à partir d’une vision horizontale, applicative, facilitant la collaboration interdisciplinaire et internationale. Il vise à faire émerger et donner à voir la multipolarité des points de vue.

Les compétences initiales des participants sont diversifiées et enrichissent un socle commun de connaissances transnationales inscrites dans une pragmatique propre à l’exercice des métiers.

Cette initiative est organisée dans une logique crossmédia. Sont articulés dans un projet global de formation et de communication :

  • Une collection de livres interactifs (100 notions pour le crossmédia et le transmédia, 100 notions pour l’art numérique, etc.) constituant une base de connaissance sectorielle.
  • Un site permettant une actualisation des contenus, la création d’un réseau international d’usagers, apprenants, professionnels.
  • Des documents pédagogiques réalisés en ateliers de création.
  • Une application mobile.
  • Une présence active sur les réseaux sociaux.

L’objectif de chacun des ouvrages et de ses compléments numériques coordonnés est de proposer un outil cohérent scientifiquement présentant une cartographie notionnelle correspondant à un état de réorganisation du secteur étudié. Il s’agit d’en faire un vadémécum international et intersectoriel pour les acteurs concernés.

L’entreprise est originale parce qu’elle est collaborative et cohérente, historiquement datée et évolutive, scientifique et pragmatique.